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Ah ces gonzesses.

En mai, j’ai participé à un atelier d’écriture chez Les Mots. Le but était d’écrire de courtes nouvelles sur un thème donné, et j’ai écrit ce texte pour lequel la consigne était : « Écrivez en vous mettant dans la peau du sexe opposé ». Voici mon texte, Beigbeider, n'aurait pas fait mieux je crois.




(Au téléphone)

- … T’as raison, de toutes façons maintenant, il faut faire attention à tout. Hier, je rentrais du cabinet en métro : une femme s’assoit à côté de moi en collant franchement sa cuisse le long de la mienne pour que je resserre mes jambes, et elle me dit merci avec un petit air supérieur. Je leur ferais vivre une journée dans la peau d’un homme moi, qu’elles se rendent compte que les couilles n’aiment pas être compressées.

C’est la même chose quand je suis debout, je fais bien attention à mettre ma mallette contre moi pour qu’on ne pense pas que je suis un frotteur. Elles n’ont pas compris qu’on n’est pas tous des harceleurs en puissance ?

Je n’ose plus en draguer aucune dans la rue d’ailleurs, comme ça, pas risque de me retrouver en garde à vue pour tentative de viol. Époque de merde. Et puis, il y en a, elles te disent non en te bouffant des yeux, comment tu veux te comporter après ça, si on n’insiste pas plus on n’arrive jamais à nos fins.


C’est comme, l’autre fois, je me baladais sur Tinder. Je sais, tromper c’est mal, bla bla, mais enfin depuis la naissance de la petite, Pauline passe sa journée à s’en occuper, à croire que je n’existe plus. Bref, je matche avec une fille toute mimi. Tu vois pas que la première chose qu’elle me demande, c’est « Tu penses quoi du féminisme ? » PUTAIN MAIS JE M’EN BRANLE MOI DU FÉMINISME JE BAISE PAS POLITIQUE !

Ah ça, pour salir les murs de Paris avec leurs collages, y’a du monde (merci de nous apprendre qu’il ne faut pas taper sa femme, comme si je n’avais pas été éduqué par ma mère) mais pour sortir la voiture du parking, y’a plus personne. Je t’en foutrais moi de l’égalité à toutes les sauces. Elles ont besoin de nous, point.


Et tu sais le pire ?

Hier, une femme - mariée en plus ! - vient me voir : elle s’est rendue compte qu’elle est enceinte mais elle a déjà 2 gosses et ne veut pas du petit dernier. Elle me demande si on peut procéder à un avortement. Je lui demande si elle en a parlé à son conjoint. Tu sais ce qu’elle me répond ? « Mon corps, mon choix. » Je te l’ai renvoyée fissa, hors de question que je l’avorte, elle avait qu’à faire plus attention si elle n’en voulait pas d’autre.


La secrétaire passe une tête dans le bureau : « Docteur, votre rdv de 15h est arrivé, le frottis de Mme Fiche. »


- Bon allez mec, je te laisse, on se retrouve chez toi pour regarder le match, je m’occupe des bières.


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